Les 6ème A se sont préparés depuis fin janvier à cette consigne 4.
Ils ont d’abord répondu dans Classroom à la question : “De quelle pièce aimeriez-vous jouer une scène pour la Classe Culturelle Numérique ? Indiquez -moi la scène également.”
En fonction des réponses, des diaporamas ont été élaborés, un par groupe, contenant le texte des scènes proposées ainsi qu’un extrait vidéo d’une mise en scène. Ces diaporamas présentés en classe et mis à disposition dans Classroom ont permis de prendre connaissance des scènes favorites de chacun mais aussi de prendre plaisir à regarder ensemble ces scènes.
L’objectif était de constituer à partir de ces diaporamas des binômes ou des trinômes pour jouer les scènes finalement retenues par les élèves.
Entre temps, nous avons étudié Le médecin malgré lui de Molière au programme en français en Sixième, ce qui explique que finalement beaucoup d’élèves aient choisi des scènes de cette pièce pour la consigne 4.
Nous avons consacré deux heures, les 9 et 10 juin, à relever le défi de la consigne 4 de Tariq Bettahar. Outre des scènes du Médecin malgré lui, vous découvrirez deux scènes de Knock de Jules Romains, deux scènes de l’adaptation théâtrale de Poil de Carotte de Jules Renard et même une scène de La fabrique des rêves, une pièce d’auteur inconnue travaillée par deux des élèves dans l’atelier théâtre qu’ils suivent en activité extrascolaire.
Nous espérons que vous prendrez un grand plaisir à nous voir jouer !
Messages
1. Quelles pièces aimerions-nous jouer ?, 22 juin 2022, 14:20, par Tariq Bettahar
Bonjour,
Bravo pour ce travail !
C’est très difficile et vos élèves s’en sont très bien sortis.
Ce qui me réjouit, c’est que je vois qu’ils ont pris beaucoup de plaisir à jouer ces scènes devant les autres et que leurs camarades ont beaucoup ri. C’est le moteur essentiel du théâtre : le plaisir du comédien et celui du spectateur.
Beaucoup de qualité dans ce travail :
– de l’investissement dans l’émotion, le texte, le rapport à l’autre,
– les textes, les personnages, les situations et les enjeux des scènes sont compris,
– Très bonne idée de transposer les situations à la culture et à la société marocaine. C’est là qu’on voit le caractère universel de ces textes : ils sont transposables dans n’importe quelle société car ils parlent de l’humain et du rapport homme/femme,
– les voix sont timbrées et audibles, même chez les plus timides,
– un investissement physique et corporel important et juste,
– un bel effort sur les costumes (djellaba, chapeaux, costumes...) et les accessoires (pistolets, bâtons, stéthoscope...).
Bravo !
Petits retours :
– Je sais que le temps que vous pouvez consacrer à ce travail est limité mais l’objectif est de m’envoyer des vidéos qui seraient comme un travail finalisé. C’est-à-dire que les élèves doivent connaitre leurs textes par cœur, qu’ils n’aient pas d’hésitation. Si ils ont un trou de texte, on peut leur souffler mais il faut qu’ils restent concentrés, qu’ils fassent comme si c’était normal, qu’ils ne rient pas non plus de ce que leur propose leur partenaire car cela les fait "sortir" du jeu et de la scène.
Je vous conseille donc, avant de filmer, de répéter plusieurs fois la scène pour s’assurer que le texte et la scène sont maîtrisés.
– Concernant le filmage : il aurait été préférable de faire un plan fixe (si possible sur pied pour éviter que l’appareil ne tremble) qui filme la scène de Jardin à Cour plutôt que de suivre et de tourner autour des comédiens. L’espace scénique devient trop flou. Or, comme je l’avais expliqué précédemment, il est important de définir précisément l’aire de jeu et l’aire des spectateurs. Ça permet de poser le cadre et les frontières nécessaires à l’épanouissement du jeu, sans oublier le 4ème mur (invisible, symbolique) qui sépare les comédiens des spectateurs.
– Il est important aussi de définir les entrées et les sorties, le début et la fin de la scène. Il y a une porte dans chacune des salles où vous avez joué. N’hésitez pas à faire entrer et sortir le ou la comédien(ne) par la porte pour avoir un début et une fin de scène net. La scène n’est finie que lorsqu’il n’y a plus personne sur le plateau.
– Il y a des chaises sur la scène, il faut en profiter, les utiliser, les comédiens peuvent s’y asseoir, surtout ceux qui jouent les malades, plutôt que de rester debout sans savoir trop quoi faire.
– Dans le même ordre d’idée, proposez aux élèves de refaire leurs scènes en restant complètement immobiles. Le défaut à cet âge-là (et même chez des adultes), c’est de "bougeailler", de trépigner sans cesse, de piétiner, de se tourner autour sans raison autre qu’une forme de timidité. Or, au théâtre, chaque déplacement d’un comédien doit avoir une raison, être motivé par son état physique, psychique, émotionnel ou par la situation ou le texte. Si, par exemple, il y a une altercation, alors, ils peuvent avancer l’un vers l’autre... Être vigilant, donc, à ces petits déplacements inutiles et parasites. Il vaut mieux rester complètement immobile pendant toute la scène. C’est de là que les émotions viendront et qu’ils seront "chargés (de l’émotion, de la situation...).
– Pour les scènes du "Médecin malgré lui" et de "Knock", ceux qui jouent le médecin doivent vraiment ausculter le malade. Donc, le toucher, comme le fait un médecin. Je sais qu’à cet âge-là, il y a beaucoup de pudeur et de difficultés à se toucher véritablement donc n’hésitez pas à vous inspirer de l’exercice de la Marionnette. Et le malade doit être malade, c’est-à-dire fatigué, abattu, les épaules tombantes...
Voici donc quelques pistes que je peux vous donner pour essayer de reprendre les scènes si vous le souhaitez. Je suis, en tout cas, à votre disposition.
Bravo, en tout cas, une fois de plus, pour ce très beau travail et le bel investissement des élèves. J’en ai été réjoui !
J’espère donc pouvoir visionner prochainement les scènes retravaillées en ayant tenu compte des mes suggestions.
A très bientôt.